The Other One (2020)

  • Francisco Bermejo, — Chile
  • 1h 15m

> Voir l’introduction – Carte Blanche
> Voir la discussion avec le réalisateur
> Watch introductory Carte Blanche
> Watch the discussion with the filmmaker


FR — Quelque part au bout du monde, là où océans et rochers jouent à cache-cache, vit un homme. Pris dans une mystérieuse solitude, il n’est pourtant jamais tout à fait seul. Un jour de tempête, les restes d’une baleine blanche échouent sur la plage… Dans ce portrait d’un naufragé, inspiré par le chef-d’œuvre de Melville Moby Dick, le réalisateur interroge notre réalité intérieure et notre façon de la considérer.

Tout près du bout du monde vit un homme. Il reçoit parfois la visite d’un autre, différent de lui, mais identique. Autour de leur cabane règne l’immensité d’une nature écrasante. Les jours s’écoulent, entre lecture et parties de chasse, boisson et découvertes. Une dispute éclate, entraînant bientôt une séparation à l’issue incertaine et qui semble nécessaire. Face à ce premier film remarquable de Franciso Bermejo, le spectateur se pose une question simple mais dérangeante : que suis-je en train de regarder ? Cette question appelle plusieurs réponses, et, comme c’est le cas avec les grands films, sûrement autant de réponses que de spectateurs. Mais si The Other One est une oeuvre rare, c’est qu’elle dépasse la réflexion sur les possibilités à représenter la folie, et interroge notre propre perception de l’altérité. Au milieu d’un paysage archaïque perdu dans notre époque, notre héros survit, malgré ou grâce à sa démence. Nous entrons discrètement dans son univers et le suivons dans le projet impossible de saisir la nature humaine. L’esprit de Moby Dick plane au-dessus de The Other One, une oeuvre qui révèle courageusement les méandres de l’esprit.

— Rebecca De Pas

EN — Somewhere at the end of the world, where ocean and rocks play their endless games of hide and seek, lives a man. In his mysterious solitude, he is not alone. One day, remains of a white whale are washed by a storm on a beach. In this stranded portrait inspired by H. Melville’s masterpiece Moby Dick the director questions our inner reality and our own gaze on it.

Close to the end of the world lives a man. He is sometimes visited by another man, different from him, yet identical. Outside their hut, there is only the vastness of an overwhelming nature. Days go by between reading and hunting, drinking and exploring. Conflicts erupt in the hut between the two men until an uncertain separation becomes necessary. In his remarquable first feature film, Francisco Bermejo asks the spectators a simple yet unsettling question: what am I watching? The question can be answered in many ways, probably, as in any good movie, as many as there are spectators. But what makes The Other One a precious work is that it goes beyond a reflection on its capacity of rendering madness, it meditates on our own perception of otherness. In an archaic landscape lost in time our protagonist survives despite, or thanks to, his lunacy and the film respectfully invites us to enter his universe in the impossible quest to understand human nature. Haunted by the spirit of Moby Dick, The Other One, casts a brave light in the abyss of human spirit.

— Rebecca De Pas

Language(s)

Spanish