The Fantastic (2020)

  • Maija Blåfield, – Finland
  • 30min

> Voir l’introduction – Carte Blanche
> Watch introductory Carte Blanche


FR – À partir de conversations enregistrées à Séoul avec d’ex-ressortissant.e.s de Corée du Nord, accompagnées de prises de vues tournées dans le pays et près de la frontière chinoise et de la zone démilitarisée, Maija Blåfield (On Destruction and Preservation, VdR 2018) évoque la manière dont les Nord-Coréen.ne.s ont fantasmé le monde extérieur en regardant clandestinement des films occidentaux interdits.

« Lorsqu’on lisait ces cassettes vidéos à la maison sur une TV couleur, on voyait des choses dont on n’avait jamais imaginé l’existence auparavant » répond l’un.e des ex-ressortissant.e.s de Corée du Nord interrogé dans The Fantastic. Il évoque les films vus illégalement, alors que la Corée du Nord est entièrement fermée. Selon lui, seul 1% des habitant.e.s ont accès à l’extérieur du pays, et les échos qui leur parviennent du monde se font notamment par l’entremise des fictions occidentales qui arrivent par contrebande via la Chine, sur cassette vidéo dès les années 1990, puis sur clé USB. Dans une routine bien orchestrée, les Nord-Coréen.ne.s expérimentent la nouveauté, l’ailleurs, l’autre… Cependant sans repères et sans connaissances quant à ce qu’est cette autre réalité, les films vus les plongent dans l’incertitude provoquée par ce monde inconnu. Dans quelles mesures ces fictions sont-elles le reflet de la réalité ? Maija Blåfield, pour évoquer cette confrontation entre images et fantasmes du monde extérieur, filme en Corée du Nord ainsi que près de la frontière chinoise et de la zone démilitarisée sud-coréenne ; paysages qui se transforment par des effets de filtres vidéos et numériques pour laisser apparaître le fantastique.

– Madeline Robert

EN – Based on conversations recorded in Seoul with former citizens of North Korea, accompanied by shots taken in the country, and on the Chinese border and the demilitarised zone, Maija Blåfield (On Destruction and Preservation, VdR 2018) evokes the way in which North Koreans have fantasised about the external world by secretly watching forbidden western fictional films.

“When we watched these video cassettes at home on a colour TV, we saw things whose existence we had never before imagined”, answers one of the former citizens of North Korea interviewed in The Fantastic. He is evoking films watched illegally, as North Korea is completely closed. Acoording to an interviewee, only 1% of inhabitants have access to the exterior of the country and the echoes that reach them from the world are mainly through western fictional films that are smuggled in via China, on video cassette from the 1990s onwards, then on USB sticks. In a well orchestrated routine, the North Koreans experiment with new things, the elsewhere, the other… However, without points of reference and without knowledge of what this other reality might be, the films seen plunge them into the incertitude provoked by this unknown world. To what extent do these fictional films reflect ”reality”? In order to evoke this confrontation between images and fantasies of the outside world, Maija Blåfield films in North Korea and on the Chinese border and the South Korean demilitarised zone, landscapes that are transformed by video and digital filter effects to let the fantastic appear.

– Madeline Robert

Director

Maija Blåfield

Producer

Maija Blåfield

Language(s)

Korean, English