Rubicón (2020)

  • Manuel Muñoz, – Honduras, Colombia, Argentina
  • 12min

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FR – Les jours précédant un départ, les mystérieux personnages de Rubicón nous emmènent à travers les rues d’une ville, peu importe laquelle, dans un pays inconnu. La lumière brûlante de l’après-midi, une valise qui se remplit, des chuchotements… Un film en suspens, comme un vertige avant le départ.

Nous sommes dans un pays inconnu, peut-être en Amérique du Sud, dans une grande ville – peu importe laquelle. Pour y pénétrer, on suit l’autoroute qui lui sert d’entrée. C’est la tombée de la nuit, et le chemin est bondé de voitures. On se laisse alors emporter par le rythme doux de la circulation, par les premières notes d’une bossa nova, par la voix d’une femme qui raconte comment elle a nagé pour rejoindre la côte, comment elle a réussi à entrer dans le pays sans papiers. À partir de là, le film se transforme en une sorte de jeu clandestin. Nous avons peu d’informations sur la vie de ces personnages qui surgissent à l’écran, et qui se déplacent dans la ville tels les héros d’un film d’espions, pris sous la lumière brûlante de l’après-midi, mais nous tenons bien quelques pistes : une valise qui se remplit, une fenêtre à moitié ouverte, un dernier appel téléphonique. Nous devinons alors un départ imminent. Manuel Muñoz nous invite à réfléchir sur le vertige de l’exil, sur le sentiment d’être un étranger, sur le déracinement. Plus qu’un film, Rubicón est un poème sur le mouvement incertain au coeur de chaque départ.

– Elena López Riera

EN – On the days before a departure, the mysterious characters of Rubicón take us around the streets of a town, any old town, in an unknown country. The burning light of the afternoon, a suitcase that is packed, whisperings… A film suspended in time, like a sense of dizziness before the departure.

We are in an unknown country, perhaps in South America, in a large city—any old city. To get inside, we follow the motorway that is used as an entrance. It is nightfall, and the road is full of cars. We allow ourselves to be carried away by the gentle rhythm of the traffic, the first notes of a bossa nova, the voice of a woman telling how she swam to arrive on the coast, and how she managed to enter the country without papers. From this point, the whole film becomes a sort of underground game. We do not have much information about the life of these characters who appear on screen, and who move around the city like the heroes in a spy film, shot under the burning light of the afternoon, but we have a few clues: a suitcase that is packed, a half-opened window, a last telephone call. We then guess that a departure is imminent. Manuel Muñoz invites us to consider the dizziness of exile, the sentiment of being a stranger, and uprooting. More than a film, Rubicón is a poem on the uncertain movement at the heart of every departure.

– Elena López Riera

Director

Manuel Muñoz

Producer

Manuela Erazo

Language(s)

Spanish