Retour à Višegrad (2020)

  • Julie Biro, Antoine Jaccoud, – Switzerland
  • 1h 34m

Disponible le 18 avril dès 17:00 pendant 24h sur rts.ch, uniquement en Suisse
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Available for 24h from 18 April at 17:00 on rts.ch, in Switzerland only
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FR – En avril 1992, la guerre éclate à Višegrad (Est de la Bosnie-Herzégovine), séparant élèves serbes et bosniaques. 25 ans après, l’ex-directeur de l’école et la veuve de l’instituteur, tentent de réunir les camarades. Julie Biro et Antoine Jaccoud filment avec justesse les retrouvailles de cette génération sacrifiée, qui a brutalement quitté l’enfance dans un monde liquidé par les adultes.

Une Zastava jaune, achetée au début des années 1980, symbole roulant de ce qui était encore la Yougoslavie, parcourt un pays durablement divisé par un sanglant conflit ethnique (1991-1995). À Višegrad, dans l’Est de la Bosnie-Herzégovine, les enfants musulmans ont été séparés de leurs camarades serbes pour s’entasser dans des bus et partir, en avril 1992. 25 ans après, munis d’une photo de classe, Budimir, l’ex-directeur de l’école et Djamila, veuve de l’instituteur, prennent donc la route pour réunir les anciens élèves qui ont grandi au sein d’une génération sacrifiée, comme le dit Djordje devant la caméra de Julie Biro et Antoine Jaccoud. Retour à Višegrad est un voyage amer, qui se tient entre l’ombre portée d’un passé douloureux pour les protagonistes – voir la séquence où Mersiha cherche en vain la tombe de son grand-père dans la nuit – et la lumière ambiguë, celle où se confondent la joie des retrouvailles, la promesse d’un avenir commun, et une conscience endeuillée. Car Igor, Mirela, Mladen et les autres savent que leur enfance leur a été volée et qu’ils demeurent les héritier.ère.s inconsolé.e.s d’un monde disparu.

– Emmanuel Chicon

EN – In April 1992, war broke out in Višegrad (in the east of Bosnia and Herzegovina), separating Serbian and Bosnian pupils. 25 years later, the former head of the school and the widow of the school teacher attempt to reunite the classmates. Julie Biro and Antoine Jaccoud accurately film the reunion of this sacrificed generation, which brutally left their childhood in a world liquidated by adults.

A yellow Zastava, bought at the beginning of the 1980s, a moving symbol of what Yugoslavia once was, crosses a country permanently divided by a bloody ethnic conflict (1991-1995). In Višegrad in the east of Bosnia and Herzegovina, the Muslim children were separated from their Serbian classmates to be packed into a bus and driven off, in April 1992. 25 years later, equipped with a class photo, Budimir, the former head of the school, and Djamila, the widow of the school teacher, hit the road to reunite the old pupils who have grown up as part of a sacrificed generation, as Djordje says in front of Julie Biro and Antoine Jaccoud’s camera. Retour à Višegrad is a bitter journey, which stands between the shadow cast by a painful past for the protagonists–see the sequence in which Mersiha searches in vain for the tomb of her grandfather in the night–and ambiguous light, in which the joy of reunion, the promise of a shared future, and a bereaved conscience all merge together. Because Igor, Mirela, Mladen and the others know that their childhood was stolen from them and that they remain the disconsolate heirs of a lost world.

– Emmanuel Chicon

Language(s)

Serbo-Croatian, Serbo-Croatian