Nous la mangerons, c'est la moindre des choses (2020)

  • Elsa Maury, – Belgium, France
  • 1h 5m

FR – Courant 2016, des vidéos montrant les conditions d’abattage des animaux d’élevage ont choqué l’opinion publique, qui les a vite oubliées. Elsa Maury, elle, a filmé avec un regard complice la relation de co-dépendance d’une jeune bergère avec son troupeau de brebis, qu’elle doit apprendre à tuer dans les meilleures conditions possibles.

En 2016, des vidéos montrant les conditions d’abattage des animaux d’élevage ont choqué l’opinion. Pour Elsa Maury, la stupeur qu’elles ont engendrée a ramené « le problème au centre de nos assiettes. » Elle a choisi de suivre Nathalie, jeune bergère cévenole vivant en co-dépendance avec son troupeau puisqu’elle travaille sans bergerie et fait paître ses bêtes tous les jours. La cinéaste porte un regard complice sur cette relation faite de soins quotidiens et d’attachement, qu’elle filme, privilégiant le plan rapproché, comme une conversation corporelle entretenue entre la protagoniste et ses brebis, de la naissance à la mort, de la pâture à l’abattoir – parce qu’elle ne peut « pas encore » tuer une bête qu’elle a élevée. Un dialogue que Nathalie noue aussi dans son for intérieur, les cartons qui ponctuent les séquences tenant d’un journal de bord où elle interroge profondément sa pratique. Nous la mangerons, c’est la moindre des choses dresse avec une rare acuité le portrait d’une femme qui a choisi d’affronter ses contradictions au milieu du vivant. Son cheminement nous renvoie aux nôtres.

– Emmanuel Chicon

EN – In 2016, videos showing the slaughter conditions of farm animals shocked the public opinion, who quickly forgot about them. With complicit gaze, Elsa Maury films a young shepherd’s relationship of co-dependence with her flock of ewes, which she must learn to slaughter under the best possible conditions.

In 2016, videos showing the slaughter conditions of farm animals shocked public opinion. For Elsa Maury, the stupor that they caused brought “the problem to the centre of our plates”. She chose to follow Nathalie, a young shepherd in the Cevennes living in co-dependence with her flock, as she works without a sheepfold and has her animals graze every day. The filmmaker brings a knowing perspective to this relationship made of daily care and attachment, which she films, favouring close-ups, like a corporal conversation taking place between the protagonist and her sheep, from birth to death, from pasture to abattoir—because she cannot yet kill a beast she has raised. A dialogue that Nathalie also develops in her heart of hearts, the cards that punctuate the sequences are taken from a logbook in which she profoundly questions her practices. With rare acuity, Considering the Ends draws a portrait of a woman who has chosen to face her contradictions in the middle of life. Her progression sends us back to our own.

– Emmanuel Chicon

Language(s)

French