NA China (2020)

  • Marie Voignier, — France, China, Cameroon
  • 1h 11m

> Voir la discussion avec la réalisatrice
> Watch the discussion with the filmmaker


FR — L’implantation de commerçant.e.s africain.e.s à Canton est un phénomène récent, dont Marie Voignier rend compte à travers les portraits croisés de Jackie, Julie, Shanny venues monter leur commerce sur place. Au milieu de l’accumulation monstrueuse des marchandises sur les marchés sans fin de la mégapole, le film suit ces entrepreneuses africaines aux prises avec l’économie globalisée chinoise.

Après avoir réalisé deux films au Cameroun (L’Hypothèse du Mokélé Mbembé et Tinselwood), la plasticienne Marie Voignier s’est intéressée à des entrepreneuses africaines venues monter une affaire commerciale en Chine. Originaires de Douala et de Lagos, Jackie, Julie et Shanny font partie des milliers d’Africain.e.s installé.e.s à Canton, plus ou moins légalement, toléré.e.s et parfois harcelé.e.s par les autorités. Elles passent leur temps à négocier avec les commerçants locaux la fabrication de sapes « originales » ou à fouiller les monceaux de marchandises qui s’accumulent dans les marchés labyrinthiques de la mégapole chinoise, « copies originales » destinées elles aussi à être expédiées par containers entiers vers les ports du continent africain. Construit à la manière d’un huis-clos sans dehors, NA China enregistre une série d’échanges entre « égaux » qui viennent nuancer le cliché d’une Afrique dominée et néo-colonisée – réalité que le film ne méconnaît pas – à travers le portrait de ces « femmes puissantes » (Marie Ndiaye) évoluant au coeur de la globalisation économique.

— Emmanuel Chicon

EN— The implantation of African traders in Guangzhou is a recent phenomenon, on which Marie Voignier reports through her interlinking portraits of Jackie, Julie, Shanny who have come to set up their business on site. Amidst the monstrous accumulation of merchandise on the endless markets of the megacity, the film follows these African businesswomen grappling with the globalised Chinese economy.

After directing two films in Cameroon (L’Hypothèse du Mokélé Mbembé and Tinselwood), the visual artist Marie Voignier focused on African businesswomen come to set up business in China. From Douala and Lagos, Jackie, Julie and Shanny are among the thousands of Africans installed in Guangzhou, more or less legally, tolerated and sometimes harassed by the authorities. They spend their time negotiating the fabrication of “original” clothes with local traders or searching the piles of merchandise that accumulate in the labyrinthine markets of the Chinese megacity, “original copies” also intended to be sent in entire container loads to the ports of the African continent. Constructed in the manner of a huis-clos without an outside, NA China records a series of exchanges between “equals” that temper the cliché of a dominated and neo-colonised Africa—a reality that the film does not ignore—through the portrait of these “powerful women” (Marie Ndiaye) operating in the heart of economic globalisation.

— Emmanuel Chicon

Language(s)

French, English, Mandarin Chinese, Igbo